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Dans un premier temps, je vous propose de ne nous intéresser qu'à la population de Truites farios Salmo trutta fario. Une fois celle-ci terminée, nous verrons si le nokill impacte aussi sur les populations annexes (Chabots Cottus gobio, Varions Phoxinus phoxinus, Lamproies de planer Lampetra planeri et Chevesnes Leuciscus cephalus).
Nous disposons donc des données de deux pêches électriques réalisées en mai 2008 par l’AAPPMA de Granges sur Vologne.
Une pêche a été réalisée sur le parcours « normal » et l’autre sur le parcours « nokill » le même jour par les mêmes pêcheurs.
Dans les deux cas, la surface de prospection est de 850m2
A noter cependant un disfonctionnement de l’anode lors de la pêche sur le parcours « nokill » qui a pu compromettre les relevés.
Données générales (ne prend pas en compte les individus 0+ nés en hiver 2007/2008) :
Parcours normal : 93 individus capturés
Parcours nokill : 75 individus capturés (mais l’anode était cassée avant la fin de la pêche)
Le graphique suivant représente les données superposées des deux pêches pour l’espèce Truite fario (effectif en fonction de la taille).
Croissance des truites :
La première observation permet d’affirmer que la croissance est différente sur les deux parcours (les cohortes ne sont pas superposées). On remarque aussi que l’écart de taille entre deux mêmes cohortes (mais issues d’un parcours différent) augmente avec l’âge des truites. Cette différence est certainement due à la disparité morphologique des deux parcours.
Le parcours « normal » est situé sur la partie aval du tronçon de l’AAPPMA alors que le nokill est en amont. La largeur moyenne et la profondeur sont supérieures sur le parcours normal que sur le nokill (8m/55cm contre 6m/35cm). De ce fait, le parcours normal satisferait plus à la croissance que le parcours nokill.
Pyramide des ages :
Pour les deux relevés, on compte trois cohortes bien définies et au moins une quatrième (mais non quantifiable graphiquement).
Cependant, il est à noter une différence importante entre les deux relevés.
Sur le parcours normal, l’effectif de la cohorte 3+ est très inférieur à celui des cohortes 2+ et 1+ (1+ = 30 ; 2+ = 43 et 3+ = 14)
A l’inverse, sur le parcours nokill, les effectifs continuent d’augmenter entre 2+ et 3+ (1+ = 16 ; 2+ = 20 et 3+ = 26)
Voici un graphique permettant d'illustrer cette observation :
Les causes de ce décrochage sont facilement identifiables.
La taille minimale de capture sur le parcours normal est de 25cm. Or, la tailles des individus de la cohorte 3+ sont intégralement supérieures à 25cm ; Ces truites sont donc soumises à la pression de pêche et une partie a été prélevée (entre l’ouverture 2008 et la date de la pêche électrique, mais aussi à la fin de la saison de pêche 2007). On note aussi qu’une partie des truites 2+ sont aussi soumises à la pression de pêche (celles dont la croissance est la plus rapide)
D’autre part, sur le parcours nokill, non seulement les truites de 3+ n’ont pas encore toutes atteint 25cm, mais en plus, celles qui l’ont dépassée ne sont pas soumises à la pression de pêche.
Il en résulte que sur le parcours nokill, la cohorte 3+ représente 35% de la population alors que sur le parcours normal elle ne représente que 15%
L’importance de l’écart est amplifiée par le fait que les truites 3+ sont sexuellement matures et composent donc le pool de géniteurs du tronçon. (maturité à 2+ pour les femelles, d’après Baglinière et al, 1987)