Overblog Tous les blogs Top blogs Maison, Déco & Bricolage Tous les blogs Maison, Déco & Bricolage
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Pêche en Alsace. Pêche à la mouche. Pêche aux leurres. Séjours de pêche en France et à l'étranger. Montage de mouche. Moniteur-guide de pêche.

Publicité

Reflexion sur la baisse de la maille : génétique des populations

Salut,

On parle de plus en plus de baisser les mailles pour que la pression de pêche soit plus centrée sur les juvéniles qui sont plus nombreux que les adultes et subissent une selection naturelle plus importante...
Mais cette théorie ne semble basée que sur des effectifs numériques, mais absolument pas sur la structure génétique des populations.

Voici un raisonnement que j'aimerai partager avec vous.

Il est admis que la croissance des individus de truites fario (puisqu'il s'agit ici de cette espèce) est variable et dépend (si l'on généralise) de l'accès à la ressource alimentaire (qui dépend elle-même entre autre, de l'accès à la ressource spatiale) et de la génétique.
De plus, la génétique peut elle même déterminer l'accès à la ressource (un poisson initialement plus "fort" y accèdera plus rapidement, par exemple grâce à sa taille)
Bon on doit tous être ok là dessus... donc certaines truites grandissent vite et d'autre moins vite.
Ensuite, l'âge de maturité est atteint (en très gros) à 2+ pour les femelles et à 1+ pour les mâles (d’après
Baglinière et al, 1987).
Puis, on oubli pas que les individus sont regroupés en cohortes (groupes d'individus nés d'une même reproduction) et qu'il y a une cohorte par an.
De plus, les individus d'une même cohortes possèdent des tailles variables (croissance variable : voir premier point), mais centrées autour d'une taille moyenne de la cohorte.
Enfin, je n'ai pas d'étude qui détermine s'il existe des variabilités de croissance en fonction du sexe (mais on sait qu'il y en a déjà au niveau de l'âge de maturité, donc...), mais si quelqu'un en a, ça m'intéresse fortement! Donc pour mon raisonnement, on décide que ce paramètre n'est pas pris en compte.

Alors allons y !

A tout cela, on rajoute une maille de capture et on émet l'hypothèse que (comme la loi le préconise), elle permet la première reproduction.
Il est clair que seuls les poissons de taille supérieure à cette maille seront capturés (faisons comme si)
Donc NORMALEMENT, cette maille est supérieure ou égale à la taille de la plus grande truite femelle de 2+ ET à la taille du plus grand mâle de 1+ (donc dans la logique, supérieur ou égal à la taille de la plus grande femelle 2+... on ne prendra donc en compte que la cohorte 2+ - mâles et femelles, vu qu'on ne sait pas s'il y a une variabilité de vitesse de croissance entre les deux sexes-)

Mais maintenant, on décide, suite à l'étude américaine, de baisser la maille.
La taille limite est donc maintenant comprise entre la taille des plus petites truites de la cohorte et celle de plus grandes truites de la cohorte.
Certaines truites de la cohorte pourront donc être capturées (les plus grosses). Mais qu'elles sont ces truites les plus grosses? Et bien corrigez moi si je me trompe, mais il s'agit des poissons qui auront eu la croissance la plus forte (puisqu'elle ont exactement le même âge que les plus petites de cette cohorte)
Donc : les poissons les plus favorisés (dominants ou forts, comme vous voulez), sont supposez être capturables (et une partie sera véritablement capturée).

Alors je suis bien d'accord, la compétition dans la cohorte va diminuer... Mais il ne reste quand même que les truites qui ont eu une croissance faible (les moins aptes!)
Et ensuite, puisqu'il ne reste que ces truites là... et bien ce sont elles qui vont se reproduire. Les juvéniles auront donc un patrimoine génétique moins "fort" que ce qu'ils auraient eu s'il avaient été issus des poissons à croissance forte (mais qui ont été prélevés).
A moyen terme, on obtient donc une nouvelle structure génétique dans notre population (les gènes adaptés sont remplacés par des gènes moins adaptés).... et donc on favorise des truites à faible croissance!

Mais... je ne crois pas avoir lu ça dans les études qui pronnent cette baisse de la maille... peut être un simple oubli (rire jaune)

A+
Mathieu
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Bonjour Robert,<br /> <br /> Effectivement l'utilisation du terme "apte" n'est pas très habile.<br /> Tu peux lire les commentaires correspondants à cet article, j'en ai déjà débattu avec Fabrice.<br /> <br /> Il faut donc reformuler par :<br /> "truites à faible croissance donc moins apte à croitre rapidement dans un habitat donné.<br /> Mais peut importe, on arrive à moyen terme à une population dont la croissance est ralentie...et où les gros spécimens seront plus rares."<br /> <br /> A+<br /> Mathieu
Répondre
R
Bonjour, <br /> Sympa le site et sympa la discussion ; en revanche, j'ai un petit bémol à mettre : en biologie de l'évolution, il n'y a pas de "plus apte" et de "moins apte". En quoi les truites à faible croissance seraient moins aptes ? Moins aptes à quoi ? Elles ont juste une faible croissance. "L'aptitude" et l'adaptation en évolution ne se définissent que par rapport à des critères donnés à un moment donné : qui est plus "équipé" pour survivre à un moment donné de l'évolution le sera moins à un autre moment (c'est la sélection naturelle) : en ce sens, on peut même dire en poussant le raisonnement que les truites à faible croissance seraient les "plus aptes" (même si cela n'a guère de sens) car ce sont elles qui arrivent, in fine, à se reproduire ! Ces poissons réagissent positivement à la pression de sélection qu'on leur fait subir...
Répondre
E
Tout à fait d'accord avec toi Mat pour la repro et le tronçon concerné. Une même rivière qui s'écoule à travers la plaine puis s'engouffre dans des gorges peu ensoleillées, ne doit pas être soumis à la même réglementation...<br /> Je suis d'accord avec toi, ce travail est hyper important voir indispensable pour péréniser une vraie gestion.<br /> <br /> Sinon, déçu par l'Isère qui compte pourtant de supers cours d'eau...<br /> <br /> Edouard
Répondre
M
Salut Fabrice,<br /> <br /> Je me souviens d'une discussion très intéressante que j'avais eu avec le directeur de la FD 67 à ce sujet.<br /> Ce qui en ressortait, c'est qu'aucune étude n'existe vraiment sur l'age idéal d'un poisson pour la reproduction. Tout ce que l'on sait, c'est que plus il est lourd (et grand donc) plus il y aura de gamètes.<br /> Et surtout, pour en revenir à la génétique, je pense qu'il faut privilégier la repro de ses poissons qui ont su résister aux pressions extrinsèques, c'est à dire les plus vieux.<br /> <br /> Mais le problème reste le même, pour que tout fonctionne, il faut calculer une fenetre idéale en fonction de chaque tronçon homogène sur un cours d'eau. Un travail important mais qui mérite qu'on s'y intéresse je pense.<br /> <br /> A+<br /> Mat'
Répondre
F
Le principe de la double maille c'est quoi ?<br /> <br /> Si j'ai compris c'est dire (par ex) on ne prélève pas en dessous de 30 ni au dessus de 35 ? <br /> J'ai toujours cru que les meilleurs géniteurs étaient justement les poissons de 30 35 s'étant déjà reproduit 1 ou 2 fois, alors que les vraies grosses (45 ou 60 pour certains secteurs) n'étaient plus de très bons géniteurs.<br /> <br /> Au passage il n'y a pas que la fédération de l'Aude qui autorise 10 prélèvements par jour, je crois que c'est aussi le cas chez moi en Isère.
Répondre